Livret pédagogique

Livret pédagogique

Télécharger

Accueil
Accueil  >   Newsletter de la Faculté   >   Numéro 5 - Mai 2019   >   Formations   >   QMat

QMat

Depuis 2005, Bernard DOUDIN est Professeur des Universités à la Faculté de physique & ingénierie. Ses recherches, qui portent sur le domaine des nanosciences et du magnétisme, sont effectuées à l’Institut de Physique et Chimie des Matériaux de Strasbourg (IPCMS). Il est le coordinateur de l’Ecole Universitaire de Recherche (EUR) Quantum Science and Nanomaterials (QMat), aidé dans cette tâche par Stefan HAACKE et Shannon WHITLOCK.

Quel est l’objectif poursuivi par l’EUR ?

L’EUR QMat a été créée en 2018 en réponse à un appel à projets national, issu des Investissements d’Avenir du Ministère de la Recherche. Celle-ci combine le cursus master et le doctorat sur le modèle des graduate schools anglo-saxonnes. Il y a la volonté de donner une meilleure lisibilité aux universités françaises à l’étranger. Une autre ambition est d’utiliser les outils existants, notamment en recherche, pour faire de l’enseignement d’excellence, tout en renforçant la visibilité du site de Strasbourg. C’est également une opération de l’Université pour mettre en avant les sciences quantiques.

Il existe quatre EUR touchant à la Physique en France. L’EUR QMat est celle des quatre qui privilégie l’enseignement de la physique fondamentale.

Ce qui nous distingue des autres EUR strasbourgeoises est le fait que l’on vise une population étudiante assez grande, en s’intégrant dans les formations existantes, alors que d’autres ont fait le choix de projets plus élitistes.

Notre but est de renforcer les enseignements en Physique et de permettre un recrutement d’étudiants de haut niveau et ayant un projet professionnel en lien avec la recherche en physique fondamentale. Notre ambition est de former les futurs chercheurs en nanosciences et sciences quantiques, dans un projet a long terme, dans une perspective d’au moins 10 ans.

Comment est né ce projet ?

L’EUR QMat est le fruit de plusieurs initiatives d’excellence qui pré-existaient dans le domaine des nanosciences à Strasbourg. Au départ, il y avait le LabEx NIE (Laboratoire d’Excellence Nanostructures en Interaction avec leur Environnement) dont je suis actuellement en charge, qui travaille en synergie avec l’IdEx (Initiative d’excellence) de l’Unistra. A cela s’ajoutaient deux Equipex (Equipements d’excellence) qui sont des opérations permettant le développement d’équipements expérimentaux de pointe en microscopie et en optique. En parallèle, le Magistère de Physique fondamentale a été créé en 2014 à la Faculté de physique & ingénierie, intégrant dès la L3 des étudiants de haut niveau qui vont ensuite venir alimenter le M1. Dans ce contexte varié, il fallait essayer d’unifier les choses. Il s’agissait d’innover tout en s’intégrant, en mettant en avant l’émergence d’un programme à 10 ans avec une vision d’investissement sur l’avenir.

Quels sont les effectifs ?

Il y a environ 20 étudiants en M1 et 20 en M2. Chaque année, il y a également 20 doctorants labellisés EUR. Les étudiants sont sélectionnés par un comité formé de membres du comité de pilotage de l’EUR et de responsables des formations sur lesquelles repose l’EUR. Le 1er critère est le niveau académique, mais nous prenons également en compte le projet professionnel et la motivation des candidats. Le recrutement se fait donc à 3 niveaux (M1, M2, et doctorat). Il y a actuellement un appel à candidature sur le site de QMat. L’idée est d’avoir 20 étudiants par an sur 5 ans. Un contrat annuel est signé avec chaque étudiant, qui définit un projet, et identifie un ‘mentor’ le parrainant.

Environ la moitié des étudiants de master sont soutenus financièrement grâce à des bourses (environ 600 € par mois). De plus, une à deux thèses par an sont financées par l’EUR.

Ces financements nous permettent d’être attractifs pour des étudiants venant de loin. Les meilleurs bénéficient d’une bourse leur permettant de soutenir leur mobilité. Il y a également des aides pour les initiatives individuelles ou collectives des étudiants QMat.

Le budget disponible annuel est de environ 650 k€, dont 400 k€ vont directement aux étudiants.

Quel bilan pouvez-vous tirer de l’EUR après un an d’existence ?

La phase de démarrage est encore en cours et devrait durer 3 ans. En effet, il faut mettre en place des enseignements novateurs. Par exemple, nous avons créé des enseignements en anglais dès le M1, à la demande notamment des étudiants.

Mais on peut déjà dire que le projet est bien lancé. Grâce au travail de l’équipe, un site internet dédié (http://qmat.unistra.fr) a été mis en place et 56 étudiants ont pu être recrutés (dont 30 étudiants en master bénéficient d’une bourse, et 6 doctorants d’un monitorat EUR).

Le renforcement de notre visibilité se concrétise dès maintenant avec le développement de nouveaux partenariats, notamment avec les universités allemandes du Rhin Supérieur dans le cadre d’EUCOR (Le Campus européen).

Il faut aussi que je précise que j’ai largement sous-estimé la quantité de travail que représente ce projet. Cette surcharge est portée par les enseignants, les chercheurs, les agents du CNRS et les étudiants, pour mettre en place des TP novateurs, des enseignements, des manifestations et des cours dans l’esprit QMat. J’en profite pour les remercier pour leur travail et leur enthousiasme. Nous comptons également beaucoup sur les étudiants eux-mêmes. Dans l’esprit de cette EUR, ce sont eux qui sont l’âme et le moteur principal des changements à venir.

Pour en savoir plus : http://qmat.unistra.fr

Interview réalisée par Edouard Laroche, Sarah Prohaska et Guillaume Weick.